La malle de campagne

La malle de campagne, aussi appelée cantine d’officier, fait partie des objets qui ont longtemps trainé dans les greniers sans susciter d’intérêt avant de finir jetés au feu car trop abîmés par le temps.

Vous pouvez en découvrir un exemplaire bien conservé, dans la rubrique sur le capitaine Ponseau. Voici une autre pièce qui, si elle présente certaines similitudes (elle a malheureusement davantage souffert), n’en est pas moins de facture différente... Et pour cause : si la règlementation limite, en 1883, le poids des cantines d'officier à 30 kg, et indique les dimensions qu’elles doivent respecter, il n’existe pas de modèle-type. C’est aux officiers de se procurer leur malle et la plupart se contentent d’en acheter une chez l’un des fournisseurs de l’armée ; c’est le cas de la malle du capitaine Ponseau et de celle qui est présentée ici.

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Comme celle de Frédéric Ponseau, cette malle porte les nom, grade et régiment de son propriétaire, en l’occurrence Paul Royer, aspirant au 155ème Régiment d’Infanterie.

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Il est facile de retracer le parcours du 155ème RI pendant la guerre : en garnison à Commercy dans la Meuse en 1914, il a participé à la plupart des grandes batailles de la Grande Guerre : Marne, Argonne, Verdun, Somme ou encore Montdidier.

Par contre, concernant Paul Royer, une seule chose est sûre : il ne fait pas partie des soldats morts pour la France durant le conflit et n’est mentionné dans aucun des documents que j’ai pu trouver… mais il a bien dû faire partie des effectifs du régiment durant le conflit, le grade d’aspirant n’ayant désigné les élèves officiers qu’entre 1910 et 1919 pour ne réapparaître qu’en 1934, le 155ème RI ayant pour sa part été dissous en 1923.

De fait, il existe bien, dans l’organigramme du 155ème RI, au début de la guerre, un lieutenant Royer placé sous les ordres du capitaine Colliard commandant la 12ème Compagnie. S’agit-il du même homme ayant obtenu son grade de lieutenant mais n’ayant pas jugé utile de modifier le grade sur sa malle ? Dans l’état actuel de mes connaissances on ne peut malheureusement que soumettre cette idée sans pouvoir l’affirmer…

 

Pour revenir sur le sujet des malles de campagne, en voici une autre fort bien conservée : elle porte l'inscription sommaire G.A. PISSIER. Comme je n'ai trouvé aucune trace d'un général d'armée nommé Pissier, on peut supposer que G et A sont les initiales des prénoms du dénommé Pissier.

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La malle ferme grâce à deux serrures et deux sangles en cuir.

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Les deux malles sont de même facture même si la première était à l'origine plus renforcée...

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Parmi les fournisseurs de malles, on peut citer la Manufacture d'Armes et Cycles de St-Etienne dont le catalogue propose différents modèles :

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