Dotés d'épaisses semelles de cuir cloutées, les brodequins de marche assuraient au poilu des chaussures solides capables d'endurer de longues marches.
Indissociables de la silhouette du poilu avec les bandes molletières - voir la rubrique "la bande molletière" - les brodequins furent fabriqués en quantité par l'armée française durant la guerre. Cela ne les empêche pas d'être aujourd'hui très difficiles à trouver car ils furent souvent usés jusqu'à la corde par les survivants redevenus civils.
Le brodequin de marche modèle 1917 présenté ici fait partie des rares survivants de cette période et, pour tout dire, il revient de très loin...
Tout le monde a vu cette image d'Epinal qui montre un pêcheur sortant un vieux brodequin d'une rivière... Pour ma part je ne suis pas pêcheur mais j'ai bel et bien trouvé le mien dans le lit d'un petit ruisseau à un ou deux kilomètres de chez moi (et bien loin du Front), enfoncé dans du sable. Après un rinçage, une séance de séchage et un petit coup de cirage, le voila revenu à la vie avec en prime un reste de son lacet en cuir d'origine !
Il ne me reste plus qu'à écumer le ruisseau pour retrouver son jumeau...
Le brodequin vu de face : on peut voir le reste du lacet en cuir d'origine...

Le brodequin vu de profil : le rivet de renfort qui détermine le modèle 1917 est toujours là !

Mais il a disparu de l'autre côté, comme la plupart des coutures...

La semelle est par contre bien conservée tout comme les clous qui la renforcent... et augmentent le poids de la chaussure.


En attendant de reconstituer la paire, voici justement une paire de brodequins non réglementaires mais dont le cloutage est bien réglementaire.
D'abord une photo de l'un des deux pour le comparer au précédent...

Et voici la paire, avec ses deux lacets en cuir...

et sa semelle parfaitement cloutée et ne présentant qu'un seul marquage : 41

Pour finir, voici, le pied gauche seul vu sous différents angles.



Qant à le dater, difficile en l'absence de date justement : le brodequin clouté a été porté par les militaires mais aussi par les civils au moins jusqu'au début des années 1950... En tout cas je suis preneur de toute information sur ce modèle... D'autant plus que je dispose d'une autre paire du même modèle, achetée pour sa part sur un site de vente en ligne bien connu...


On peut, au passage, noter les différences au niveau du cloutage des semelles entre les deux paires ici présentées même si le nombre de clous utilisé est sensiblement le même.


Pour finir, un objet d'artisanat rappelant l'attachement du poilu à son brodequin : il s'agit d'un petit cendrier en aluminium daté 1917 et prenant la forme d'un brodequin. Ce dernier a sans doute été créé par un chasseur alpin si l'on en croit le décor composé d'edelweiss et de piolets. Je suis preneur de toute information à son sujet !


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