ON NE PASSE PAS !

Les cartes postales

Parmi les oeuvres créées par les poilus durant la guerre, on ne peut faire l'impasse sur les cartes postales. En effet, si la plupart des courriers envoyés par les poilus sont rédigés sur de simples cartes postales du commerce, certaines cartes entrent bien dans la catégorie de l'artisanat de tranchée comme celles qui suivent.

La première présentée ici est une véritable oeuvre d'art envoyée par un père à sa fille. Il s'agit en l'occurrence d'une peinture faite dans la tranchée !

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Le texte qui l'accompagne est particulièrement émouvant :

"Ma chère petite Yvonne,

Ce matin j'ai cueilli une poignée de fleurs des champs sur le parapet de la tranchée pour toi. Je ne puis pas te les envoyer aussi fraiches qu'elles sont ici, d'abord parce que je ne suis pas  assez habile, et puis, ces méchants d'allemands ne m'ont pas laissé tout le temps qu'il m'aurait fallu pour leur donner tout l'éclat qu'elles ont. Conserve les jusqu'à mon retour.

Ton papa qui t'aime bien,

Paul"

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Pour ceux qui se posent la question, la petite Yvonne, de son vrai nom Suzanne Yvonne Lacamp, s'est mariée deux fois, en 1924 et en 1940, et s'est éteinte à Paris en 1995 à l'âge de 91 ans. Son père, Philippe Joseph Léopold Isidore Lacamp, a pour sa part survécu au conflit. Il est cependant décédé en 1927, à l'âge de 51 ans.

Voici une seconde carte qui s'apparente aussi à de l'artisanat de tranchée. Elle a la particularité d'être écrite sur de l'écorce de bouleau et décorée de fleurs de bruyère. L'auteur, un certain "Pierrou", adresse quelques mots tendres en rimes à son épouse dans un orthographe approximatif : "avec cette fleur de bruyere tu peut etre fiere davoir pour époux to tendre pierrou"

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L'écorce est collée sur une carte porte-bonheur de correspondance militaire.

 

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