Les cannes de poilu

A l'époque, la canne est souvent utilisée dans les campagnes où les habitants ne se déplacent guère qu'à pied, mais aussi chez les bourgeois et les aristocrates qui rehaussent ainsi leur élégance.

Ces habitudes, ainsi que le mauvais état des routes, des chemins, des boyaux de communication et des tranchées firent que l'usage des cannes s'avéra vite indispensable pour beaucoup de poilus, hommes de troupe comme officiers.

Si certains se contentent de cannes achetées à l'arrière ou tâchent de s'approprier un "alpenstock", le bâton ferré faisant partie du paquetage des chasseurs alpins, beaucoup vont, avec leur couteau, façonner leur propre canne à partir d'un vulgaire morceau de bois.

Deux alpenstocks en hêtre. Leur longueur avoisine les 90 cm, ferrure comprise

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On remarque la poignée en forme de bec de corbin de l'une.

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 Le motif le plus couramment représenté est sans doute celui de la vipère s'enroulant sur le bâton. Certains voient dans la "canne-serpent" un symbole d'étouffement et une sorte de fuite impossible, le serpent enserrant sa proie comme la guerre absorbe l'homme. A moins qu'il ne s'agisse plus simplement d'un rappel de la mort qui rode autour du poilu, celle-ci pouvant à tout moment frapper comme le rappelle la vipère dont la tête se trouve toujours tournée vers le pommeau et à proximité de la main qui le tient.

 
Trois "cannes-serpent"