Les bagues de tranchées

Les bagues de tranchées ou "bagues du poilu", de formes très variées, très simples ou finement ciselées, ont été fabriquées en quantité par les poilus et étaient très populaires parmi les soldats qui les utilisaient comme porte-bonheur et les offraient notamment à leurs épouses et fiancées.

Pour fabriquer ces bagues, des soldats, surtout du génie, utilisaient l'aluminium des fusées d’obus "boches", ces fusées qui déclenchaient l'explosion de l'obus, avec des systèmes plus ou moins sophistiqués. L'aluminium est en effet la matière première idéale pour ce genre de tâche : c'est un métal malléable, ductile, qui fond à 650°, se moule aisément et est peu oxydable.

La partie en aluminium d'une fusée d'obus allemande

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La même fusée présentée à côté de son équivalent en laiton

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Les poilus découpaient directement des rondelles dedans ou le fondaient et le coulaient dans un moule taillé dans une pierre. La bague ainsi formée était ensuite limée et polie au papier émeri et vendue un franc cinquante ou deux.

Les bagues photographiées sur les trois photos qui suivent sont décorées de fers à cheval, d'une fleur de chardon, d'initiales, d'une croix de Lorraine, de simples frises géométriques ou encore d'un portrait de poilu. Elles sont accompagnées d'une enclume de bijoutier, outil qui était parfois utilisé pour façonner ces bagues.

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 Pour finir sur le sujet voici les textes d'un poème écrit en 1915 par deux sergents du 312ème Régiment d'infanterie, Jean Bory et Charles Doulzech :

Cette bague n'est, pas, certes la plus jolie,
Mais elle porte un nom : " La bague du poilu"
Elle fut ciselée par une main amie,
En songeant, tristement au doux bonheur perdu.
Elle rappellera, plus tard, à notre coeur,
Que durant la journée passée dans la tranchée,
Elle me procurera, un peu de vrai bonheur
En reportant vers vous, mes meilleures pensées.
J'ai passé des moments heureux à la fourbir,
Et chaque limaillon en est un souvenir.
Cette encoche au chaton ? C'est l'obus qui a éclaté,
Soulevant prés de moi un affreux tourbillon !
Cette petite fleur qui lentement la flatte !
C'est la certitude que nous nous aimerons !
Elle fut ciselée par une main amie.
Et vous l'accepterez, comme un tendre présent
De celui qui, un soir, vous a donné sa vie.
En qui à juré toujours, de rester, votre amant...

Aux armées le 29 août 1915

 

 

Commentaires (2)

latargue

Bonjour,
Et merci pour vos encouragements. C'est toujours agréable de voir que le site est apprécié par certains... En ce qui concerne votre "bague" je vous renvoie à l'article "les ronds de serviette" de la rubrique "l'artisanat de tranchées" où vous devriez trouver une réponse à votre question...
En tout cas, je suis heureux de découvrir une nouvelle facette de l'artisanat de tranchées avec la cuillère à absinthe du poilu... Me reste plus qu'à en trouver une pour la rajouter sur mon site !

Roger Vivien
  • 2. Roger Vivien | 20/01/2016

Bonkour, je trouve votre site génial ! Je l'ajoute dans mes marque pages... Je suis antiquaire et j'ai trouvé une bague de poilu Géante, 5,9 cm de diamètre, elle est marqué "verdun 1914 1917" , c'est la première aussi grosse que je trouve, avait elle une utilisation particulière ?
Les poilus fabriquaient aussi des cuillères à absinthe, cela pourrait etre intérressant de l'ajouté à votre site, en voici un exemple http://www.museeabsinthe.com/absintheCUILLERES6.html
En tout cas merci pour votre site très complet, c'est passionant.Bien cordialement.RV

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