La jambe de bois

Je ne reviendrai pas ici sur l’effroyable bilan de la guerre en ce qui concerne les amputations et je renvoie pour cela à la rubrique « Couteau de l’école des Mutilés de Thiers ».

Cette prothèse, de facture très classique, reste un émouvant témoignage de cette réalité même si rien ne confirme qu’elle fut effectivement utilisée par un survivant de la Grande Guerre. Destinée à une personne amputée en dessous du genou, il s’agit d’un pilon rigide en peuplier nécessitant un appui sur le genou fléchi. Dotée de larges pièces de cuir épais cloutées, elle était à l’origine fixée à l’aide de deux sangles en cuir malheureusement disparues.

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Le pied est en bois tourné et doté d’un embout en caoutchouc qui permet de confirmer un usage assez récent.

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Un nombre marqué sur le pilon, « 1810 », suscite cependant des questions : s’agit-il d’un simple numéro de série ou d’une date ? Dans ce dernier cas, tout laisserait à penser que cette prothèse a, à l’origine, été conçue pour un mutilé des campagnes napoléoniennes.

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Quoiqu’il en soit, cela permet de rappeler que peu de progrès ont été faits dans le domaine de l’appareillage jusqu’à la Grande Guerre et que cette dernière a permis d’améliorer grandement la mobilité des amputés grâce à de nombreuses inventions dans ce domaine qui feront bien vite oublier la « jambe de bois de pirate » présentée ici.

 

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